Catalogue de l’exposition au Carré d’art en 2010, cet ouvrage présente des œuvres nouvelles d’Isa Melsheimer, conçues pour l’exposition, et des œuvres plus anciennes. Pour Isa Melsheimer, la broderie est aussi une technique de dessin et d’écriture. Son exposition est conçue comme une installation spécifique dans le bâtiment de Norman Foster pour laquelle elle réalise de nouvelles tentures brodées portant des citations du roman de l’écrivain japonais Kobo Abé, L’Homme-Boîte. Elle s’appuie aussi sur un choix d’œuvres plus anciennes, datées de 2002 à 2009, qui expriment également cette idée d’un espace autre, caché, d’où viennent des regards que nous ignorons et qui nous observent. Très intéressée par l’architecture, Melsheimer développe une réflexion autour de l’espace à vivre tel qu’il a été identifié par l’architecture moderniste et se rencontre au quotidien dans la maison, mais aussi les galeries marchandes et les lieux intermédiaires utilisés par les sans-abris. Certaines œuvres récentes créées d’après les images de presse prises lors de l’effondrement du bâtiment des Archives de Cologne ou d’autres faits divers traitent les thèmes de l’instabilité et de la disparition dans notre monde occidental étroitement organisé. Ce thème renvoie aussi au fort intérêt de l’artiste pour les questions d’environnement et de responsabilité collective.
Publié en coédition avec Carré d’art, musée d’art contemporain de Nîmes.
Texte : Camille Morineau
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Descriptif : 24,5 x 30,5 cm, 80 pages, relié
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Langues : français, anglais.
Parution : février 2010.
Isbn : 9-782358-640138
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Prix public : 25 €.
La Première Image est une exposition et un livre qui se conjuguent et se confrontent à différents niveaux. Ils se retrouvent dans le glissement du sens entre le livre d’artiste, le livre d’images, le livre de texte ; entre le texte écrit et la parole, l’oralité et le signe, le silence et la mémoire, l’imprimé et le manuscrit. En associant le manifeste et l’étude au récit et à l’adresse subjective au lecteur, le livre et l’exposition se donnent comme un hommage indirect à la notion même d’essai. Depuis Montaigne l’essaie nous situe dans le glissement du sens vers le présent, vers la reprise de la parole par la différentiation de l’esprit qui ne cesse de s’incarner, comme cet hommage à l’ami mort qui ne vit que par cet essai de confronter le texte et le présent. L’exposition et le livre empruntent leur titre à l’un des derniers textes de l’écrivain Costas Taktsis, un ami mort pour toute une série de personnes qui serait prêtes à voir dans son œuvre une sorte de douce polémique similaire à ce que La Boëtie avait soulevé avec De la Servitude Volontaire. Le texte du même titre est reproduit dans ce livre comme une première image qui ne conclut de rien mais qui génère la coexistence de plein de tactiques indirectes afin de prendre ses distances, affirmer sa différence, réfuter le sens, accepter l’esprit ou simplement se rappeler une époque historiquement révolue aujourd’hui transformée. N’empêche que la lecture de toute la construction sociale, telle qu’elle apparaît dans ce texte en tant que leurre qui conduit à la servitude volontaire, est citée devant nous en tant que cette “première image” qui travestit en jeu de séduction la servitude qui se joue dans toute gestion du pouvoir sur l’autre et par le même dans la société. Cette première image offerte aux yeux des personnes dès l’age le plus tendre est dénudée ici non sans cruauté afin de provoquer un débat de fond sur le monde d’aujourd’hui. Exposition et livre interrogent la gestion des images, des mythes, des symboles, des comportements, des modalités existentielles, des négociations identitaires et des rhétoriques du spectacle, d’aujourd’hui. [Denys Zacharopoulos]
Une exposition et un livre de Denys Zacharopoulos. Publié avec le Centre régional d’art contemporain Languedoc-Roussillon, Sète, et le musée Macédonien, Thessalonique.
Textes : Costas Taktsis,
Denys Zacharopoulos
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Descriptif : 17 x 24 cm, 160 pages, broché.
Langues : français, grec.
Parution : janvier 2010.
Isbn : 978-2-35864-011-4.
Prix public : 18 €.
Philippe Caurant (né en 1965) commence à réaliser des peintures au pistolet sur papier puis sur toile dans l’atelier qu’il investit à Nantes à partir de 2003, après des résidences à Paris, Rotterdam et Glasgow. Ce livre, première monographie consacrée à son travail, reproduit des peintures produites entre 2007 et 2009. Le regard circule d’une peinture à l’autre et s’attache de temps en temps sur des détails. Philippe Caurant est lui-même très attentif à la distance entre le regardeur et la peinture dans l’espace de l’atelier comme dans l’exposition. La réserve, ou marge, sur le tableau a aussi été un élément déterminant dans la conception de cet ouvrage.
Les textes répondent à la singularité de cette peinture de manières très différentes. Denys Zacharopoulos, qui avait déjà exposé le travail de Philippe Caurant au Domaine de Kerguéhennec, centre d’art contemporain, en 1999, oppose à une analyse ou à une critique de l’œuvre la question même de la possiblité d’écrire sur la peinture. Pierre Giquel, critique d’art, et Xavier Noiret-Thomé, artiste, engagent quant à eux une discussion vive avec Philippe Caurant, qui entraine le travail dans un contexte historique à travers ses enjeux les plus picturaux.
Publié en collaboration avec la galerie Poggi, Bertoux associés, Paris, avec le concours du ministère de la Culture et de la Communication, Centre national des arts plastiques (aide au premier catalogue), et avec le soutien du Ring, artothèque de Nantes et de la galerie RDV, Nantes.
Textes : Denys Zacharopoulos, Pierre Giquel et Xavier Noiret-Thomé.
Descriptif : 17 x 24 cm, 96 pages, broché.
Langues : français/anglais.
Parution : janvier 2010.
Isbn : 978-2-35864-012-1.
Prix public : 24 €.
L’œuvre de Martin Widmer se développe de manière extrêmement empirique, presque scientifique dans sa précision et dans la constante remise en question de la forme et du rapport à l’œuvre. À elle seule, mais en même temps que celle de beaucoup d’autres artistes de sa génération, elle argue la condition contemporaine de l’art. Modernisme, postmodernisme et supermodernisme sont les fils historiques usités par l’un des auteurs, Jean-Christophe Blaser, pour inscrire cette œuvre dans l’histoire de l’art et de la société, tandis que Christoph Doswald qualifie la génération en question de néo-moderniste. Ils connaissent les enjeux du modernisme, reconnaissent l’existence du post-modernisme et proclament une place contemporaine pour l’art. Martin Widmer, tout en usant de formes et d’images aux références effectivement modernistes mais aussi quotidiennes, met en jeu l’art dans son rapport à ce qu’il a de plus contemporain : une situation topographique associée à la condition nouvelle de l’art dans les institutions qui constituent le territoire artistique, un contexte technologique qui outrepasse la seule question des moyens pour conditionner les modalités de fonctionnement de toute chose, des références cinématographiques et littéraires dans un large répertoire qui nourrit l’imaginaire et l’analyse critique, un positionnement dans la réalité quotidienne à travers l’ingestion d’une imagerie et par une distanciation presque poétique. Ces sources non exhaustives cumulées approchent l’œuvre d’une position quasi-sémantique et qui constitue le fondement de l’art finalement à travers les temps.
Publié en collaboration avec le Can, Centre d’art contemporain de Neuchâtel, Suisse. Avec le soutien de Pro Helvetia.
Auteurs : Jean-Christophe Blaser, Christoph Doswald, Arthur de Pury.
Descriptif : 17 x 24 cm, 144 pages, relié.
Langues : français, allemand.
Parution : décembre 2009.
Isbn 978-2-35864-009-1.
Prix public : 26 €.