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Christian Lhopital, Ces rires et ces bruits bizarres

Christian Lhopital, artiste français né en 1953 à Lyon où il vit, pratique le dessin sur papier comme l’a majestueusement présenté l’exposition du musée d’art moderne de Saint-Étienne en 2013, le dessin mural à la poudre de graphite comme l’a tout aussi magistralement dévoilé le musée d’art contemporain de Lyon en 2008, ainsi que la sculpture. Ces dessins et sculptures se développent à travers des ensembles.

Les dessins figuratifs recouverts d’encre imposent dès les années 90 un statut ambivalent des figures et de leur résistance dans l’œuvre de Christian Lhopital, qui se poursuit aujourd’hui dans les ensembles Fixe face seul et Fixe face silence. Ces dessins qui ouvrent l’ouvrage Ces rires et ces bruits bizarres et engagent le travail d’écriture de Marie de Brugerolle, sont réalisés sur des portraits de personnalités découpés dans des journaux puis recouverts de peinture blanche jusqu’à une quasi disparition de la figure au profit du regard accentué au crayon graphite.

Les sculptures sont quant à elles des petites scènes élaborées à partir de peluches. Plongées dans de la peinture blanche, ces peluches deviennent des objets-sculptures dominés par la force de leurs pupilles noires. À travers ces manipulations, Christian Lhopital transforme les figures en personnages. Ces regards semblent habités, chargés d’une histoire, dans leur isolement comme dans leur foisonnement.

Dans Ces rires et ces bruits bizarres, Marie de Brugerolle engage le lecteur vers une approche singulière de l’oeuvre de Christian Lhopital, nourrie de références cinématographiques et littéraires, et d’échos à l’œuvre de confrères, de Picabia à Paul McCarthy et Mike Kelley.

Publié avec le soutien du Cnap, Centre national des arts plastiques, aide à l’édition.

Auteur : Marie de Brugerolle.

Descriptif 

: 19 x 24 cm, 112 pages, broché.
Langues : français, anglais.
Parution mai 2014.
Isbn : 978-2-35864-052-7.
Prix public : 26€

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Florence Reymond, La Montagne cent fois recommencée

Un petit nombre d’objets revient avec insistance dans les toiles de Florence Reymond. D’une part, il y a ce qu’on peut appeler les « traits d’enfance ». Ce sont quelquefois des objets, ainsi le Pinocchio qui se dresse dans le polyptyque jaune ; plus souvent, la référence correspond à un mode de faire. Réminiscences des dessins enfantins : un sapin de Noël aux branches relevées à leur extrémité, de vagues plantes grasses aux feuilles évasées, des étendues d’eau ou des morceaux de pré recouverts d’un grillage qui peut être une barrière ; et puis ces bordures décoratives, les lignes droites reprises de bouclettes, exercices d’écriture pour classes maternelles, embryons de cadres décoratifs ou, selon les cas, assises terrestres ou amorces de ciel, dans un langage graphique qui est ou serait puéril. D’autre part, des suggestions venues d’un ou de plusieurs ailleurs géographiques habitent ces peintures. L’Asie fréquemment, l’Afrique un peu moins souvent, et tel site dans l’est de l’Europe, s’y croisent et s’y mêlent. Aucune volonté d’étrangeté, dans tout cela, et une expérience personnelle réduite à un souvenir visuel et auditif fort, celui de fêtes colorées et bruyantes en Inde. Davantage, le résultat d’une inquiétude dont la trace se décèle dans les conversations qu’on peut avoir avec l’artiste. Que voit-on en effet dans les tableaux ? Une forme pyramidale s’y retrouve régulièrement. Quelquefois, il s’agit d’une montagne : elle a la teinte et la texture de la terre. La montagne peut prendre la couleur du beurre : on songe à ces mottes de graisse, offrandes au dieu ou aux dieux dans les temples bouddhistes ou hindouistes. D’autre fois, des pierres sont empilées les unes sur les autres : c’est aux arrangements de cailloux construits par les marcheurs en l’honneur des esprits des hauteurs que l’on pense. Plus souvent, le bas des montagnes, mottes ou kerns, s’évase en une sorte de bol. On reconnaît un temple, stupa gigantesque ou réplique miniature et de nouveau offrande. Il peut arriver encore que la construction pyramidale soit un grenier : la resserre à grains des pays au sud du Sahara. Dans plusieurs tableaux, ces montagnes, ces temples, ces greniers, s’ornent de tiges dressées, suggestions inavouées de croix ou de suites de fanions : des drapeaux de prières. Dans tous les cas, quoi qu’elle soit ou semble représenter, la forme pyramidale s’affirme chez Reymond comme précieuse et riche d’un sens : l’écrin de la divinité ou de ce qui permet de maintenir la vie ou le sens de la vie. Une manière de demeure ? [extraits du texte de Nadeije Laneyrie-Dagen publié dans l’ouvrage]

Publié avec le Creux de l’enfer, centre d’art contemporain, le Pavillon Vendôme, centre d’art contemporain, la Fondation Salomon, la galerie Odile Ouizeman, Chamalot-Résidence d’artistes et le Centre national des arts plastiques, aide au premier catalogue.

Auteurs : Frédéric Bouglé, Nadeije Laneyrie-Dagen, Guillaume Lasserre, Natascha Cucheval.
DVD : Quand les filles flirtaient avec les dieux, Un film de Damien Faure, 51 min
Descriptif 

: 24 x 32 cm, 128 pages, relié.
Langues : français, anglais.
Parution mars 2014.
Isbn : 978-2-35864-057-2.
Prix public : 31€

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