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Semaine 28.16

Marie Anita Gaube, Out of Place
Esox Lucius, Château de Grandvaux, Varennes sous Dun

Déposé sur le bureau de Patrice Ferrari d’Esox Lucius, le carton de la première exposition de Marie-Anita Gaube s’est affirmé comme une évidence : exposer son travail. La présente exposition s’articule autour d’un ensemble de six toiles qui envisagent, chacune à leur manière, un rapport nouveau aux sujets. L’image, par son format et sa présence visuelle, se donne à voir. L’appel est univoque, c’est une invitation ; on ouvre ainsi la peinture, on cherche, on arpente. L’indéfinition qui, parfois, caractérisait la représentation a disparu. Les éléments sont posés là, sous nos yeux, on pourrait presque les toucher. Mais le sens et la direction nous échappent. Notre regard s’enfile dans des espaces chaque fois renouvelés. Dans cette contiguïté souvent paradoxale des « situations » figurent les moments de l’attente, de l’évasion, de l’inconnu. L’enjeu est double : emmener celui qui regarde, le soumettre au paysage, et faire coïncider expérience sensible et expérience esthétique.

Semaine n°405, revue hebdomadaire pour l’art contemporain
Auteur : Marion Delage de Luget
Parution vendredi 15.07.2016

Édition papier, 16 pages, 4 € COMMANDER
Édition numérique, 1,99 € CommanDER
Également disponible dans Semaine volume XX, septembre-décembre 2016 (à paraître en décembre 2016), 18€.

Semaine 27.16 (no. 404) | Bertrand Gadenne, Fragments d’un paysage | Pile Pont Expo – Espace d’art contemporain, Saint-Gervais les Bains

Bertrand Gadenne, Fragments d’un paysage,
Pile Pont Expo – Espace d’art contemporain, Saint-Gervais les Bains

Dans le travail que Bertrand Gadenne développe depuis la fin des années 1970, cet artiste met en scène des dispositifs photographiques et vidéos, conviant le visiteur à se confronter à des tableaux lumineux, à la fois étranges et empreints d’une certaine poésie. Les motifs, qui renvoient le plus souvent à un bestiaire animal et végétal, sont projetés sur des supports variés – vitrine de magasin inoccupée, façade monumentale de bâtiment, plafond, simple drap agité par un ventilateur – et interpellent le spectateur par leur présence mystérieuse, leur mouvement presque imperceptible, mais aussi leur échelle, souvent démesurée. Pour Saint-Gervais, l’artiste s’est emparé du cadre géographique du lieu, situé au pied du Mont-Blanc et a créé Fragments d’un paysage. Dans cette installation, composée de quatre projections accompagnées d’un environnement sonore, l’artiste convoque des éléments prélevés dans le paysage – la montagne, la forêt, l’animal, et la cascade – et significatifs du territoire montagnard. Le visiteur, plongé dans l’obscurité, est invité à (re)découvrir de façon sensible l’espace atypique de Pile-Pont Expo. Tel un figurant, il va plus ou moins participer à la mise en scène que Bertrand Gadenne essaie de mettre en place. Dans cet espace totalement immatériel, puisqu’il ne s’agit que de projections, rien n’existe ; mais, sous le regard d’un cerf majestueux, peut-être aura-t-il tout de même la chance d’apercevoir le Mont-Blanc ? À moins qu’un orage ne l’en empêche…

Semaine n°404, revue hebdomadaire pour l’art contemporain
Auteur : Bertrand Gadenne
Parution vendredi 08.07.2016

Édition papier, 16 pages, 4 € COMMANDER

Semaine 25.16

Micromégas,
Boch, Callot, Favier, Limone, Mazabraud, Moninot, Pincemin, Rousseau, Soulhiol, Torres
Galerie de l’Etrave, Espace d’art contemporain, Thonon-les-Bains

Quatrième et dernière de la saison 2015-2016, articulée autour du thème générique « des mondes à part », l’exposition intitulée Micromégas, présentée cet été à la Galerie de l’Étrave, a été imaginée en écho au conte de Voltaire. Elle vise à jeter un regard sur le monde par les deux bouts de la lorgnette de sorte à mettre en évidence tout un lot de créations d’artistes qui sont autant de visions décalées, adossées au réel ou issues de leur imaginaire. Il y va de l’idée de réunir un ensemble d’oeuvres qui mettent en cause nos habitudes perceptives par le biais de toutes sortes de procédures – détournement, miniaturisation, découpage, assemblage, projection, etc. – qui mettent en cause toute notion d’échelle et de repère comme pour mieux dessiller le regard et l’ouvrir à d’autres possibles.

Semaine n°403, revue hebdomadaire pour l’art contemporain
Auteurs : Philippe Piguet.
Parution vendredi 24.06.2016

Édition papier, 16 pages, 4 € COMMANDER
Édition numérique, 1,99 € COMMANDER
Disponible également dans Semaine volume XX, septembre-décembre 2016 (à paraître en décembre 2016), 18€.

Hommage à Manuel Salvat

Pour tous ceux qui ont connu Manuel Salvat, pour tous ceux qui connaissent son œuvre et pour que beaucoup d’autres en fassent encore la rencontre, Solène Salvat, Maryse, les parents, frères et sœurs, neveux et nièces et les amis de Manuel, lui rendront hommage dimanche 19 juin aux Baux-de Provence et à Fontvieille. Rendez-vous à 11h à la table d’orientation des Baux de Provence pour un moment de recueillement, puis à 13h à Fontvieille, dans le vallon de la Leque. Le plan d’accès sera remis à la table d’orientation ou sur demande.

L’œuvre de Manuel Salvat est protéiforme, investie d’une présence subtilement instable et ponctuelle, fortement précise et personnelle. Prises de vues, dessins, tirages photographiques, films, projections, lectures, écriture, interprétation, compositions sonores et musicales, collages, sculptures, toutes ces propositions de Manuel Salvat sont traversées par un fil qui oscille sur l’équilibre de la physicalité et de la poésie, qui tient sur un point de bascule. En témoignent ses tous récents Archifroissées.

Le Rêve club (www.reveclub.org), archive de récits de rêves collectés et filmés par Manuel Salvat, et les projets développés avec des jeunes et des enfants dans le cadre de l’Atelier AZ sont deux activités parallèles, non moins artistiques.

Vos dons seront reçus au lien ci-dessous pour faire vivre le projet artistique de Manuel Salvat, notamment la poursuite du Rêve Club et le maintien de son atelier.
https://morning.com/c/E47jAb/Faire-vivre-le-projet-artistique-de-Manuel

L’œuvre de Manuel Salvat est également référencée sur le site de documents d’artistes www.documentsdartistes.org/salvat

Semaine 22.16

Très Traits, Silvia Bächli, Isabelle Cornaro, Adrian Ghenie, Andreas Gursky, Eugène Leroy, Roy Lichtenstein, Christopher Wool
Fondation Vincent van Gogh Arles

Le point de départ de l’exposition Très Traits est la photographie d’Andreas
Gursky Untitled XI (Van Gogh). Ce close up sur un tableau de Vincent van Gogh, La
Moisson, met l’accent sur le fait que Van Gogh a utilisé des coups de pinceau très
empâtés, en trois dimensions, très travaillés. Cette œuvre nous engage dans une lecture rapprochée de l’art contemporain, particulièrement de la peinture, considérée au-delà du genre, pour la voir comme une somme de traces vivantes, vibrantes. Celles-ci nous renvoient à une sphère d’une expérience subjective et collective. Cette exposition était aussi l’occasion d’établir des points communs entre la pratique d’artistes très différents telle celle d’Eugène Leroy, dont l’œuvre riche et fragile reste largement méconnue du public français, et celle de Christopher Wool et d’Isabelle Cornaro, et l’occasion d’interroger, au fond, la peinture à la base d’un point de départ, non pas d’histoire de l’art, mais d’une notion presque anthropologique d’expérience de ce qu’est un trait. [Bice Curiger]

À l’invitation de Semaine, l’entretien publié dans ce numéro a été réalisé le 17 mai 2016
à la Fondation Vincent van Gogh Arles à l’issue de l’exposition Très Traits. Il retranscrit une conversation entre Bice Curiger, directrice artistique de la Fondation Vincent van Gogh Arles et commissaire de l’exposition, Julia Marchand, assistante curatrice, Sophie Viguier, responsable pédagogique, Marion Ley et Sara Guti, médiatrices.

Semaine n°402, revue hebdomadaire pour l’art contemporain
Auteurs : Bice Curiger, Julia Marchand, Sophie Viguier, Marion Ley et Sara Guti.
Parution vendredi 27.05.2016

Édition papier, 16 pages, 4 € COMMANDER
Édition numérique, 1,99 € COMMANDER
Disponible également dans Semaine volume XIX, mai-août 2016, 18€ commander

Semaine vol. XIX

Descriptif : 17 x 24 cm, 6 numéros sous étui.

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n° 397, Semaine 11.16
Robert Suermondt
, galerie quatre, Arles
Text. Xavier Noiret-Thomé, entretien Robert Suermondt

n° 398, Semaine 14.16
Denis Pondruel, 
résonance
Galerie de l’Etrave, Espace d’art contemporain, Thonon-les-Bains
Text. Philippe Piguet

n° 399, Semaine 16.16
SAM, Peter Kim
Art-cade, Galerie des Grands Bains Douches de la Plaine, Marseille
Text. Michel Enrici, 
entretien avec Peter Kim

n° 400, Semaine 17.16
SAM, Myung–Ok Han
Art-cade, Galerie des Grands Bains Douches de la Plaine, Marseille
Text. Michel Enrici, entretien avec François Bouillon

n° 401, Semaine 18.16
SAM, Oan Kim
Art-cade, Galerie des Grands Bains Douches de la Plaine, Marseille
Text. Michel Enrici,
entretien avec Oan Kim

n° 402, Semaine 21.16
Très Traits, 
Silvia Bächli, Isabelle Cornaro, Adrian Ghenie, Andreas Gursky, Eugène Leroy, Roy Lichtenstein, Christopher Wool
Fondation Vincent van Gogh Arles
Text. Bice Curiger, 
Marion Ley, Sara Guti, 
Julia Marchand, 
Sophie Viguier

Parution : mai 2016.
Période : mai-août 2016.
Isbn : 9-78235864-097-8.
Prix public : 18 €.
Abonnement 1 an, 3 volumes : 62 €.

Glenn Brown

Coédition Fondation Vincent van Gogh Arles.
Auteurs : Glenn Brown, Bice Curiger, Judicaël Lavrador.
Descriptif 

: 24,5 x 31 cm, 96 pages.
Langue : français-anglais.
Parution mai 2016.
Isbn : 978-2-35864-092-3.
Prix public : 26€.

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Artiste contemporain britannique des plus singuliers, Glenn Brown puise son inspiration dans l’histoire de l’art, qu’il revisite et réinterprète de manière inédite. Ce catalogue, consacré non seulement à ses peintures mais aussi à ses sculptures et ses dessins, entend montrer tout le génie de cet artiste, acteur du renouveau de la peinture contemporaine.

Sorti diplômé de la célèbre école londonienne Goldsmiths College en 1992, Glenn Brown, né en 1966, avance à contre-courant. La peinture, figurative de surcroît, est à cette époque le parent pauvre des médiums artistiques. Alors que ses contemporains se demandent « Pourquoi prendre la peine de peindre ? », Glenn Brown entend faire du pinceau des maîtres anciens, tel Vincent van Gogh, le sujet de ses peintures.
La Fondation Vincent van Gogh Arles met l’artiste à l’honneur en lui consacrant une rétrospective majeure, réunissant près d’une trentaine d’œuvres. L’événement est de taille, non seulement car la dernière rétrospective sur son œuvre, en France, remonte à l’année 2000 mais aussi car sont réunis les trois médiums : peinture, sculpture et dessin.
Depuis 2013, Glenn Brown pense le dessin comme une expression artistique autonome et dont la surface est recouverte par un ensemble de taches et de lignes sinueuses qui s’enchevêtrent et se répondent. En outre, ses dessins entretiennent un rapport thématique et viscéral avec ses peintures et ses sculptures. Ces dernières arborent des coups de pinceau affranchis de la surface plane de ses peintures pour constituer un agglomérat condensé, bariolé, sur une base en bronze. Les trois nouvelles sculptures conçues pour l’exposition « Suffer Well » peuvent être perçues comme des traductions, en trois dimensions, de la touche de Frank Auerbach et de la chromie, trompeuse et vieillie, des reproductions des œuvres de Vincent van Gogh. L’une d’elle, Champ d’iris près d’Arles, peinte par Van Gogh en 1888 et présentée dans l’autre exposition, a fourni la palette chromatique à l’œuvre sculpturale The Flowers of Arles de 2016. Cette profusion de matière tactile dialogue avec des toiles sans relief qui donnent, elles aussi, l’impression d’un jeu de textures et de masses visuelles fiévreuses.
C’est ainsi que l’art de Glenn Brown nous dévoile la force subjective de ses traductions des reproductions d’œuvres de maîtres anciens, de l’atomisation de la peinture ainsi que de l’inépuisable inventivité de sa pratique qui s’approprie les styles et les couleurs des dessins et des peintures classiques. Il émane de ses œuvres – dessins et peintures confondues – une réalité plurielle, floue et flottante où l’ambiguïté visuelle évoque celle propre à notre époque numérique.
À l’image du titre de l’exposition, qui emprunte son nom à une chanson du groupe Depeche Mode ainsi qu’à l’une des peintures présentes dont le motif s’est construit à partir de la célèbre toile de Van Gogh Crâne de squelette fumant une cigarette (1885-1886), la pratique de Glenn Brown se nourrit d’un entrelacs de références « dissonants », du baroque au réalisme allemand, de la musique new wave au genre de l’horreur, en passant, bien entendu, par les œuvres de Van Gogh, qu’il regarde et examine avec la précision d’un orfèvre.
[Bice Curiger, commissaire de l’exposition]

Exposition Glenn Brown, « Suffer Well », Fondation Vincent van Gogh Arles, du 14 mai au 11 septembre 2016.

Semaine 16/17/18.2016

SAM
Peter Kim, Myung-­Ok Han, Oan Kim
Art-cade, Galerie des Grands Bains Douches de la Plaine, Marseille

Commissariat : Michel Enrici

Myung-Ok Han, Peter Kim et Oan Kim sont à eux trois une présence qui résume et commente des convergences et des distinctions entre, d’une part, une origine culturelle et d’autre part la logique de l’art contemporain et ses avatars mondialisés.
Cette exposition se réalise dans le cadre de la célébration du centenaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Corée et la France, et à mon sens le thème de la rencontre, même inopinée, doit s’incarner dans un tel projet. Il s’illustre ainsi sous nos yeux en soulignant, à travers les travaux des artistes, la sidération respective qui a dû être surmontée par les deux cultures pour voyager diplomatiquement de conserve. 1916-2016 est une période de l’histoire qui laisse pantois tant le chaos s’est développé sous le voile de la recherche de la paix : deux guerres mondiales ont germé en Occident et un cadeau empoisonné a été laissé à la Corée en ouvrant le premier conflit de la guerre froide. Une partition du pays, un no man’s land de 8 kilomètres sur le 38e parallèle, qui aujourd’hui encore est un ordre aventureux et provisoire, censé décrire un équilibre.

Semaine n°399, 400, 401, revue hebdomadaire pour l’art contemporain
Auteur : Michel Enrici
Parution vendredi 06.05.2016

Édition papier, 52 pages, 12 € COMMANDER
Édition numérique, 5,99 € COMMANDER
Disponible également dans Semaine volume XIX, mai-août 2016, 18€ commander