Semaine 25.07

Gérard Collin-Thiébaut
Les yeux des voyageurs
Chant et Contrechamp
CCAS et éditions Cercle d’art imaginaire :
mode d’emploi

Faut-il être en congés pour avoir son esprit en vacance ?
Chacun de nous est une entité vivante, irradiant de vie tout ce qui l’entoure. Notre quotidien croise sans cesse des éléments apparemment inertes – architecture, décor, objet -, ou encore traverse des milieux, des paysages ayant leur vie propre. Imaginons un instant que ces choses nous entourant, y compris les plus banales, soient en attente de communication, ne révélant leur substantifique  moelle qu’aux intéressés qui les observent, les écoutent, se rallumant à l’instant même, rechargées par l’intérêt porté, pareilles à l’œuvre d’art renaissant à chaque lecture, diffusant derechef son génie, revivifiée par son lecteur. Et c’est bien ce qui se passe, quand soudain, après avoir lu, vu ou entendu d’une façon nouvelle, on se sent rempli d’une plénitude impartageable. Rien d’étonnant à tout cela, car, venant de toucher du doigt la création, nous voici devenus relais (récepteur-émetteur) d’une contemporanéité transhistorique, trait d’union entre les morts et les vivants, les éléments inertes et les choses animées. C’est, comme enfer, un paradis perdu ;  car, une fois éprouvée cette plénitude, impossible de s’en passer, alors comment faire ? La méthode est simple et connue des créateurs, il s’agit d’être toujours disponible à la surprise fatale, qui d’ailleurs peut être une déconvenue, car l’une comme l’autre s’adressent à notre prédisposition d’écoute, nous étourdissant d’abord pour mieux nous éblouir ; voilà la seule manière de se retrouver au centre de l’intempestif, pour revivre le monde que l’on croyait avoir vécu.
Voici donc ce « chant du voyageur » à quatre mains, les miennes puis les vôtres (Franz Schubert est là), à partir d’une partition ancienne concertante, une considération de 1962 sur le tourisme, avec mes photos pour ce numéro, puis les vôtres pour le prochain, comme interprétation transhistorique, d’une mélodie du vécu, pour les amoureux de l’image.

Semaine n°140, revue hebdomadaire pour l’art contemporain
Auteurs : Evelyne Valentin
Parution vendredi 22.06.2007

Édition papier, 16 pages COMMANDER
Disponible également dans Semaines bimestriel pour l’art contemporain,
no 06, juillet-août 2007, 18€

Catégorie: Semaine hebdomadaire papier

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