Semaine 20.08

Stéphane Pichard,
Galerie Martine et Thibault de la Châtre,
Paris

Qu’il filme la banlieue parisienne depuis une Mobylette, Bamako depuis une chambre de Sofitel ou le paysage depuis un train Corail, Stéphane Pichard superpose un registre des perceptions à une grammaire élémentaire du cinéma. L’homme à la caméra est aujourd’hui l’homme du commun qui souvent ne distingue plus ce qu’il voit de ce qu’il filme. L’artiste qui partage la même prothèse est celui qui sait s’attarder sur les façons de voir, et cela d’autant mieux que rien ne se passe.
Une attention flottante ressemblera à un plan fixe au ralenti, la répétition régulière d’un même trajet changera routes, champs et rivières, un long ruban la recherche d’un paysage dans un milieu sans intérêt en une succession de séquences d’identification. La mémoire du cinéma, celui des plans et des photogrammes, croise ici le présent de l’enregistrement permanent et du stockage de données.

Semaine n°167, revue hebdomadaire pour l’art contemporain
Auteur : Patrick Javault
Parution vendredi 16.05.2008

Édition papier, 16 pages COMMANDER
Disponible également dans Semaine bimestriel pour l’art contemporain,
no 11, juillet-août 2008, 18€

Catégorie: Semaine hebdomadaire papier

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